Vous pensiez tout connaître de la machine à café du bureau ? Mais aviez-vous déjà remarqué le mystérieux bouton du potage de tomate, tout en bas à droite ? Ne mentez pas : vous aussi, votre œil s’arrête d’ordinaire sur « café court », « café long », voire, pour les jours de fête, « café crème ». Et pourtant, sous nos yeux, il se passerait un drôle de manège… Plongée dans l’un des secrets les mieux gardés de l’open-space !
L’existence insoupçonnée du potage de tomate
On ne l’avait jamais vraiment remarqué. Ce matin, c’est le choc. Le petit bouton du potage de tomate trône, stoïque, en marge des breuvages plus à la mode sur la machine à café, celle-même que l’on vient frôler de son mug chaque heure ou presque. Mais qui, sérieux, boit ce machin ? Curiosité piquée, l’équipe de l’édition du soir d’Ouest-France a enquêté. Et goûté, évidemment : l’héroïsme journalistique n’a pas de limites.
Première étape : comprendre. Vous voyez le petit numéro à appeler « en cas d’urgence », bien visible en haut à droite ? On compose. La première interlocutrice coupe court, impassible : « Je vous passe quelqu’un ». Un brin de scepticisme plane, celui qu’on réserve d’habitude aux questions qui n’ont pas de réponse utile… Ou qui n’en méritent pas, se dit-elle sans doute. Mais l’enquête continue.
Ouf, le deuxième interlocuteur affiche, lui, une bonne humeur contagieuse. Il s’appelle monsieur Allanic, patron de DBM, généreux fournisseur de machines à café pour tout le Grand Ouest. Sa réponse claque, limpide :
- Pourquoi du potage tomate ? « Parce qu’il est bu ! »
- On a tenté toutes sortes de breuvages : « sept légumes », « pommes de terre asperges »… Rien n’égale la popularité de la tomate. Donc : on garde.
Au menu des machines : 85 % café, 12 % « boissons gourmandes » type chocolat chaud, et… 2 à 3 % de potages de tomate. Soit – roulements de tambour – entre deux et cinq soupes de tomate servies chaque jour, si cette touche existe chez vous. Vertigineux. Mais qui sont ces mystiques buveurs ?
À la recherche des buveurs de soupe perdus
Deux à cinq potages par jour, rien que ça ! Et tout cela, sous notre nez, sans qu’aucun « salarié-tomate » ne soit passé à la postérité… C’en est trop. Enfilez vos baskets, direction la machine placée dans le couloir, point stratégique battant par de nombreuses portes : l’enquête démarre pour de bon.
Premier arrêt : le service des sports. Eux, ils carburent au rythme des matchs et des courses cyclistes, du lever du soleil jusqu’à 1 h du matin. Potage coupe-faim pour sprinter de table en table ? Non, personne ne se dénonce, sourire en coin.
Direction la coordination, le cœur battant du journal. Peut-être que la soupe à la tomate apaise les nerfs mis à mal par la gestion des retards et la pression des bouclages. Mais là encore, rien. Poliment, tout le monde décline la paternité du bouton tomate.
Suppléments, service couleur… même bilan : vous reprendrez bien un peu de chou blanc ? Faut-il croire que Monsieur Allanic rêve ? Ou alors, les buveurs de potage préfèrent garder l’anonymat, honteux mais heureux de leur plaisir discret ?
Le moment de vérité : goûter (par devoir professionnel)
Faute d’aveux, il reste une question fondamentale : à quoi ça ressemble, un potage de tomate de machine à café ? Place au crash-test. Le doigt fébrile s’approche du bouton qui émet aussitôt un bip strident. La machine vrombit, puis crache un liquide rougeâtre dans le verre. Première observation : c’est… aqueux. Deux-trois îlots verts flottent à la surface. Basilic ? Persil ? L’équipe ne tranche pas.
Reste à goûter. Premier verdict :
- « Pas mauvais… »
- « Un peu trop salé et trop acide, mais sinon, ça va. »
- « Je m’attendais à pire ! »
Rien de « sexy », certes. Mais, de l’avis général, on est loin du drame gustatif. Un collègue du Mur des podcasts va jusqu’à se laisser aller : « Réconfortant ! ».
Un secret qui ne fait de mal à personne (et qui réchauffe)
Le potage de tomate de la machine à café n’est peut-être pas l’événement gastronomique de l’année… mais il intrigue assez pour qu’on continue à en boire, parfois en cachette. Et pourquoi pas ? Pour Yann Allanic, les ouvrières et ouvriers en usine seraient les premiers concernés, cherchant un complément de repas. Le mystérieux succès touche aussi une « clientèle féminine » – affaire à suivre…
Alors la prochaine fois que vous croiserez la machine à café, laissez-vous tenter par la touche oubliée. Qui sait, entre deux cafés, une petite aventure tomate viendra peut-être égayer votre journée !
La curiosité, c’est aussi ça, la vie de bureau.












