Depuis quelques années, les machines à café en grains connaissent un véritable essor en France. Portées par une quête de personnalisation, d’authenticité et de consommation responsable, elles séduisent de plus en plus de foyers. Et même si les capsules conservent une place dominante, la tendance s’inverse peu à peu.
Un marché en plein boom
Selon les chiffres du Gifam (Groupement interprofessionnel des fabricants d’appareils ménagers), le marché des machines à café en grains a plus que doublé depuis 2018. Rien qu’en 2021, le chiffre d’affaires a bondi de 70 %. Et la pandémie n’a pas freiné cette dynamique : en 2020, 360 000 appareils se sont vendus rien qu’entre janvier et septembre. Aujourd’hui, environ 1,5 million de Français possèdent une machine avec broyeur intégré.
En parallèle, les ventes de machines à dosettes et capsules restent élevées, avec plus de 53 % des foyers équipés. Mais la progression des modèles automatiques montre que les consommateurs sont prêts à investir dans une expérience plus complète.
Le café, une passion presque comme l’œnologie
Pour beaucoup, le café dépasse le simple rituel matinal : il devient un plaisir raffiné. Comme pour le vin, les amateurs aiment comparer les origines, les arômes et même le type de mouture. Les machines automatiques permettent de régler la finesse du broyage, d’expérimenter des recettes variées et de personnaliser chaque tasse.
À cela s’ajoute une large gamme de modèles : doubles broyeurs pour préparer deux cafés à la fois, machines connectées pour lancer sa boisson à distance, design haut de gamme pensé comme un objet de cuisine valorisant. Cette dimension « professionnelle à domicile » explique en grande partie leur succès.
L’argument écoresponsable
Autre atout de taille : l’absence de capsules. Les utilisateurs se tournent davantage vers les torréfacteurs locaux et l’achat en vrac, perçu comme plus respectueux de l’environnement. La démarche séduit une clientèle en quête de consommation durable.
Certes, les fabricants de capsules réagissent avec des versions compostables ou biodégradables (comme San Marco ou Malongo), mais l’image « zéro déchet » des grains conserve une longueur d’avance auprès des consommateurs soucieux de limiter leur impact écologique.
Un investissement, mais rentable sur la durée
Le prix reste l’un des freins principaux : entre 299 € et 5 000 € selon les modèles. Mais le coût de la tasse est quasiment divisé par deux par rapport aux capsules. Pour beaucoup d’acheteurs, cette dépense s’apparente donc à un « achat vertueux », qui allie plaisir, économie et responsabilité.
Le profil type de l’acheteur ? Des foyers CSP+, souvent âgés de 35 à 54 ans, vivant plutôt en maison, où l’espace permet d’accueillir ces appareils imposants. Pour eux, il s’agit autant d’un plaisir personnel que d’un signe de distinction sociale.
Une tendance appelée à durer
Avec un marché qui ne cesse de croître et une image associée à la fois au raffinement et à la durabilité, les machines à grains semblent promises à un bel avenir. Si les capsules conservent leur praticité, la montée en puissance du café en grains témoigne d’un changement profond dans la manière dont les Français envisagent leur tasse du matin.












